La fée des livres


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Mercure

Identité :

Mercure, Amélie Nothomb, éditions Le livre de poche(2003), 188 pages

Quatrième de couverture :

Sur une île au large de Cherbourg, un vieil homme et une jeune fille vivent isolés, entourés de serviteurs et de gardes du corps, à l’abri de tout reflet ; en aucun cas Hazel ne doit voir son propre visage.
Engagée pour soigner la jeune fille, Françoise, une infirmière, va découvrir les étranges mystères qui unissent ces deux personnages. Elle saura pourquoi Hazel se résigne, nuit après nuit, aux caresses du vieillard. Elle comprendra au prix de quelle implacable machination ce dernier assouvit un amour fou, paroxystique…

Mon avis :

ça y est mon premier Nothomb, enfin ! Depuis le temps que je disais qu’il fallait que je lise au moins 1 livre de cette auteure et puis l’été dernier, je vois Mercure dans une caisse de livre à une brocante, ni une ni deux je l’achète !

Et bien je suis vraiment surprise ! Je m’attendais à une romance toute simple mais tout est bien ficelé, Nothomb a  donnée du caractère à ses personnages, il y a un fond de psychologie, dérangeante d’ailleurs, mais forte. Un roman assez glauque et machiavélique en somme.

Pour les personnages on a le vieux, Loncourt, Françoise l’infirmière et Hazel la jeune fille séquestrée par le vieux et… c’est tout ! On se doute plus ou moins des raisons de la machination du vieillard mais on découvre par quels moyens les personnages se manipulent tous d’une certaine manière : l’un pour gardé la jeune fille à ses côtés, l’une pour découvrir ce qui ne tourne pas rond sur cette île et l’autre pour garder une amie, quelqu’un à qui parler à ses côtés.

il y a deux fins alternative aussi, je ne sais même pas laquelle je préfère, les deux conviennent et nouent le tout pour qu’on puisse avoir toutes les réponses qu’on peut se poser pendant la lecture. (peut-être que l’une est plus rassurante que l’autre)

J’aime beaucoup l’écriture d’Amélie Nothomb, simple et efficace. Le livre n’est pas épais, il se lit d’une traite.

En bref, j’ai bien aimé, prête à découvrir un deuxième livre de Nothomb :).

10/10

challenge

3/5


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Le mec de la tombe d’à côté

Identité :

Le mec de la tombe d’à côté,Katarina Mazetti, éditions Babel(2009), 253 pages

Quatrième de couverture :

Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari, qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire et citadine, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance, rempli de livres. Au cimetière, elle croise souvent le mec de la tombe d’à côté, dont l’apparence l’agace autant que le tape-à-l’œil de la stèle qu’il fleurit assidûment. Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s’en sort comme il peut, avec son bon sens paysan et une sacrée dose d’auto dérision. Chaque fois qu’il la rencontre, il est exaspéré par sa voisine de cimetière, son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Un jour pourtant, un sourire éclate simultanément sur leurs lèvres et ils en restent tous deux éblouis… C’est le début d’une passion dévorante. C’est avec un romantisme ébouriffant et un humour décapant que ce roman d’amour tendre et débridé pose la très sérieuse question du choc des cultures.

Mon avis :

Le mec de la tombe d’à côté est avant tout l’histoire d’un rencontre entre deux personnages que tout oppose :

Benny est un fermier, cru, sentimental qui  a perdu ses parents et à donc repris l’entreprise familiale. Il vit dans la propriété :  décors anciens, napperons brodés à la main, vielles tapisseries…. Il se passionne pour les salons agricoles, les magazines de tracteurs. Côté caractère, c’est donc un sentimental, gentil, attentionné (attention spolier ! comme quand il tient à fêter l’anniversaire de Désirée alors qu’il a un tas de paperasse qui l’attend…). Il cherche une petite femme qui pourrait lui faire de bons petits plats, l’aiderait à tenir la ferme, traire les vaches… tout en cherchant tout de même l’amour (ça fait un peu penser à l’amour est dans le près quand même vous ne trouvez pas ?)

Quand à Désirée, elle est bibliothécaire, mène une vie de citadine dans un appartement épuré, moderne et tout à fait impersonnel. On a l’impression qu’elle est complétement détaché de tout sentiment, au début elle ne ressent rien, du moins elle cache toutes émotions, elle se protège du monde extérieur. Elle vient au cimetière pour être au côté de son défunt mari, Örjan mais même là elle ne le pleure pas, n’est pas triste. Elle s’est mise à vouloir un enfant depuis qu’elle s’occupe de la section jeunesse mais je trouve que son caractère simple et dur ne concorde pas avec le côté maternel. Contrairement à Benny, ce sont des hommes d’un soir qu’elle cherche, pour ce sentir vivante, mettre du peps dans sa vie monotone.

On a bien là un contraste entre le monde urbain et le monde rural, l’auteure réussi à réunir les deux avec humour. Au fur et à mesure que l’on avance dans l’histoire, on est surpris, on ne s’attend pas à se qui va se passé (dans l’immédiat). On sait bien qu’il y a un fossé qui sépare les deux culture et que du coup leur histoire est voué à l’échec. Pourtant…

La façon dont l’histoire est écrite est spéciale aussi : A chaque chapitre, le narrateur change, un coup c’est Benny, un coup c’est Désirée. On a donc au début de chaque chapitre le point de vue du personnage, son ressenti sur les moments qu’ils ont passé ensemble et puis l’histoire évolue. Parfois ils continuent seulement à raconter leurs péripéties chacun de leur côté ou racontent leurs souvenirs. Bien sûr petit à petit ils se rendent compte qu’ils s’aiment. Et puis c’est amusant ce système, lorsqu’ils se disputent on a la version des faits de chacun un peu comme si on demandait aux enfants « qu’est ce qui s’est passé ? » et puis que les enfants rejettent la faute sur l’autre, ce n’est pas des disputes méchantes, on sent bien que chacun tient à l’autre et est près à pardonner.

En résumé, un roman d’amour sortant de l’ordinaire, se lit facilement, une belle découverte de la littérature contemporaine suédoise. Je me laisserais volontiers tenté par le tome 2, le caveau de famille !

8/10

challenge

2/5

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